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Un champ de fraises pour l'éternité

Un champ de fraises pour l'éternité extrait scénario

1. EXT- CIEL-JOUR

Des montagnes, de la roche, des sommets jusqu'à l'infini.
On rase des falaises, on frôle des crêtes. On plane subitement au-dessus de vallées boisées et colorées.
Ce sont les Alpes du Sud, en automne, et le soleil, à peine levé, a déjà transformé la rosée en nappes brumeuses.
Un avion, un Pilatus PC 6 Porter, rebaptisé "la jeep des airs", flotte dans le ciel. L'appareil fait des figures et laisse à penser que son pilote est tout sauf un novice.
Il approche d'une zone moins montagneuse et prend la direction d'un champ. Il se pose en douceur.

2. EXT- PARC À MOBIL HOME-JOUR

Un homme - la quarantaine, plutôt sec - se dirige vers un mât planté au centre d'un jardinet.
Il est en manches courtes et short. La fraîcheur matinale, il aime ça. Il avance, martial et solennel, au son de La Marseillaise.
Oui, La Marseille, l'hymne national de la France. Il lève le drapeau français, recule et fait un salut militaire franc, net, propre.
Il attend, droit comme un I, les dernières notes du couplet. Derrière lui, un mobil home mal-en-point.
Un peu plus loin, d'autres habitations de ce même genre, mais mieux entretenues.
Ici, quelques personnes vivent à l'année, en location ou propriétaire, d'autres y passent mais jamais bien longtemps, pour des vacances, un week-end, mais jamais en masse. Ce n'est pas Saint-Tropez.
"… Marchons, marchons
. Qu'un sang impur
. Abreuve nos sillons…".
L'homme, un ancien sous officier de l'armée de terre, le Sgt Serge Pomalovski, éteint la musique, ramasse l'antique ghetto blaster d'où elle provenait, et rentre chez lui, le sentiment du devoir accompli.
Un nouveau jour commence avec le drapeau français flottant dans le vent.
Enfin flottant, façon de parler. Pour l'heure, il est immobile comme un torchon suspendu à un crochet.

3. EXT- PARC À MOBIL HOME-JOUR

Johanna - quarante ans, solaire et hollandaise, comme tout droit sortie d'un western de Delmer Daves - sort de sa maison.
Elle vit juste à l'entrée du parc à mobil home et en est la propriétaire.
Elle passe sous un porche en bois où est écrit : La forêt - Mobil home et Bungalows. Elle se dirige dans le parc, du courrier à la main.
Elle pousse le portillon brinquebalant d'un enclos en bois et va toquer à la porte d'un des mobil home.
Un homme - environ le même âge que Johanna, plutôt rond et l'air d'une bonne pâte - lui ouvre.
C'est Raymond. Il est en tenue de travail, une tasse de café à la main. Ici tout le monde l'appelle Ray. On prendra cette habitude.
Ray
Bonjour Johanna.

Johanna
Salut Ray… Sur le départ, bien dormi ?

Ray
J'ai eu froid. Pas encore eu le temps de réparer le chauffage. Du courrier ?

Johanna (Elle fait non d'un mouvement rapide de la tête)
… Je passais juste te dire qu'on est le 3…

(…)

 

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